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La CMM presse Québec d’acheter des camions fabriqués au Québec

Photo : courtoisie — Christian Charron presse Québec d’encourager l’achat de camions fabriqués localement.

La CMM presse Québec d’acheter des camions fabriqués au Québec

Publié le 03/07/2026

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté, lors de sa séance du conseil du 11 juin, une résolution demandant au gouvernement du Québec et aux municipalités de privilégier l’achat de camions et de produits fabriqués au Québec et au Canada, plutôt qu’aux États-Unis.

Le maire de Sainte-Thérèse, Christian Charron, à l’origine de la proposition, dénonce « le manque de volonté du gouvernement du Québec d’encourager l’achat de camions fabriqués chez nous ». « C’est inacceptable », écrit-il, précisant que le directeur général de l’usine lui aurait signalé que des sociétés d’État, dont Hydro-Québec, continuent d’acheter des camions américains.

Or, il n’existe, selon lui, qu’une usine qui fabrique des camions lourds au Canada. Celle-ci se situe à Sainte-Thérèse. « Qu’est-ce que le gouvernement du Québec attend pour la soutenir », s’interroge M. Charron, invitant le gouvernement provincial à adopter des mesures afin de favoriser l’achat de camions fabriqués au Québec.

« Ils sont très résilients, et veulent rester ici »

Depuis l’imposition de tarifs américains, l’usine de camions PACCAR de Sainte-Thérèse a subi une réduction drastique de sa production. Une situation aggravée par le fait que les camions canadiens exportés vers les États-Unis sont soumis à des tarifs, « alors que l’inverse n’est pas vrai. Ils sont défavorisés dans le contexte actuel », déplore le maire.

« Ils sont très résilients, ils veulent rester ici, ils visent le marché canadien », a expliqué M. Charron, rappelant que l’usine a élargi sa gamme de produits pour pouvoir survivre uniquement avec le marché canadien.

« Il faut aussi juste mettre ça en contexte que les employés de l’usine ici proviennent de l’ensemble de la région de la CMM. […] Donc, je pense que ça vaut la peine de les encourager. »

– Christian Charron, maire de Sainte-Thérèse

Le maire de Deux-Montagnes, M. Denis Martin, a précisé que l’entreprise emploie des travailleurs provenant de l’ensemble du territoire de la CMM. Or, ses effectifs sont passés de 1600 à 800 employés au cours des dernières années, une perte largement concentrée chez les employés les plus récemment embauchés, a-t-il précisé.

Le maire de la Municipalité de Calixa-Lavallée, M. Daniel Plouffe, qui a visité l’usine récemment dans le cadre de ses fonctions à la Commission sur le développement économique de l’UMQ, a, pour sa part, plaidé pour que la FQM et l’UMQ soient également sensibilisées à la qualité du travail accompli sur place, qu’il s’agisse de la technologie utilisée, des compétences des employés ou du produit fini.

« Je pense qu’on a tout intérêt à faire la promotion de ce qui se fait chez nous. Puis ça va être au plus grand bénéfice de l’ensemble du Québec. »

Grand groupe d’une trentaine de personnes posant en rangs dans une salle lumineuse aux murs clairs et au parquet en bois
Photo : Courtoisie

Des appels d’offres « dirigés » vers les fabricants américains

Le maire de Deux-Montagnes, M. Denis Martin déplore que les appels d’offres soient souvent reconduits d’année en année, ce qui favorise involontairement des marques américaines. Il invite la Commission de développement économique à revoir cette pratique afin de rendre les appels d’offres moins ciblés.

La présidente du conseil, la mairesse de Montréal, Mme Soraya Martinez Ferrada, a proposé de bonifier la résolution initiale en y ajoutant une demande au gouvernement du Québec d’accorder davantage de pouvoirs de négociation aux municipalités dans leurs appels d’offres, afin de leur permettre d’ouvrir véritablement la concurrence aux fournisseurs locaux.