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PACCAR à Sainte-Thérèse : d’un héritage industriel à une présence stratégique

Photo Christophe Godon – L’usine PACCAR de Sainte-Thérèse demeure un pôle manufacturier important dans les Basses-Laurentides.

PACCAR à Sainte-Thérèse : d’un héritage industriel à une présence stratégique

Publié le 24/04/2026

Pendant près de quatre décennies, la région de Sainte-Thérèse et de Boisbriand a été associée à une seule grande signature industrielle : l’usine de General Motors.

Inaugurée en 1965, cette installation a façonné le paysage économique des Basses-Laurentides, produisant des millions de véhicules et employant des milliers de travailleurs.

Sa fermeture, en 2002, a marqué un tournant brutal. Du jour au lendemain, c’est tout un écosystème industriel qui a été fragilisé, laissant derrière lui une main-d’œuvre expérimentée, mais une économie régionale en quête de nouveaux repères.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la présence de PACCAR à Sainte-Thérèse.

Moins connu du grand public que les géants de l’automobile, PACCAR est pourtant un acteur majeur du secteur des véhicules lourds en Amérique du Nord. Par l’entremise de ses marques Kenworth et Peterbilt, l’entreprise conçoit et assemble des camions destinés à des usages spécialisés, allant du transport de marchandises aux services municipaux.

L’usine de Sainte-Thérèse, relancée à la fin des années 1990, s’inscrit dans une phase de transition industrielle. Sans remplacer le poids économique qu’avait General Motors à son apogée, elle contribue néanmoins à maintenir une activité manufacturière dans la région à une période charnière.

Au fil des années, l’installation s’est imposée comme un pôle de production spécialisé, misant sur des véhicules adaptés aux besoins nord-américains. Elle s’appuie sur un savoir-faire technique local et sur une main-d’œuvre qualifiée, souvent issue de l’héritage industriel de la région.

Contrairement à l’industrie automobile de masse, le secteur du camionnage fonctionne selon des cycles économiques différents, étroitement liés aux investissements publics, aux appels d’offres municipaux et à la conjoncture du transport. Cette réalité a façonné le développement de l’usine, qui a connu des périodes de croissance, mais aussi des ajustements.

Aujourd’hui, l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse demeure l’un des derniers grands sites manufacturiers d’importance dans ce secteur des Basses-Laurentides. Elle représente une forme de continuité industrielle dans une région qui a dû se redéfinir après le départ de General Motors.

Cette continuité n’est toutefois pas synonyme de stabilité absolue. Comme plusieurs entreprises du secteur, PACCAR doit composer avec des enjeux contemporains : transformation des marchés, électrification des transports, pression sur les chaînes d’approvisionnement et concurrence internationale accrue.

Dans ce contexte, le rôle de l’usine dépasse celui d’un simple site de production. Elle devient un indicateur de la capacité de la région à maintenir une base industrielle dans un environnement économique en mutation.

L’histoire récente de PACCAR à Sainte-Thérèse s’inscrit ainsi dans une double dynamique : celle d’un héritage industriel qui se prolonge, et celle d’une adaptation constante aux réalités d’aujourd’hui.