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PACCAR : entre turbulence et repositionnement

Photo Christophe Godon – Des acteurs du milieu industriel réunis lors d’un événement à Mirabel, alors que l’usine PACCAR traverse une période de transition.

PACCAR : entre turbulence et repositionnement

Publié le 24/04/2026

L’usine de PACCAR à Sainte-Thérèse traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Depuis 2024, l’entreprise a procédé à plusieurs vagues de mises à pied, totalisant plusieurs centaines d’emplois supprimés en moins d’un an. Ces décisions ont touché l’ensemble de la chaîne de production et ont profondément marqué le tissu économique des Basses-Laurentides.

Derrière ces compressions se cache une transformation rapide du marché. L’usine, qui assemble des camions des marques Kenworth et Peterbilt, dépend largement des exportations vers les États-Unis. L’imposition de tarifs douaniers sur certains véhicules a fragilisé ce modèle, poussant l’entreprise à transférer une partie importante de sa production vers ses installations au sud de la frontière.

Conséquence directe : la cadence de production a chuté de façon marquée. Là où l’usine fonctionnait à plein régime il y a encore peu de temps, elle opère désormais à un rythme considérablement réduit, illustrant l’ampleur de l’ajustement en cours.

Face à cette situation, les appels à l’intervention se multiplient. Tant la direction que le syndicat Unifor réclament des mesures favorisant l’achat local, notamment de la part des municipalités et des sociétés d’État. L’objectif : compenser la perte du marché américain en renforçant la demande canadienne.

Sur le plan politique, le dossier a rapidement pris de l’ampleur. Des élus de différents partis se sont intéressés à la situation de l’usine au cours des derniers mois, multipliant les interventions et les prises de position. À Ottawa, des discussions sont en cours afin d’évaluer les leviers disponibles pour soutenir l’entreprise, notamment par l’entremise de programmes industriels visant la modernisation et la relocalisation de certaines activités.

Malgré les incertitudes, plusieurs signaux laissent entrevoir une volonté de maintenir les opérations à Sainte-Thérèse. L’enjeu dépasse désormais la simple survie de l’usine : il s’agit de redéfinir son rôle dans un marché nord-américain en mutation, où les chaînes d’approvisionnement, les politiques commerciales et les stratégies industrielles évoluent rapidement.

Sur le terrain, la situation demeure contrastée. Lors de l’événement Innovation et Défense de Connexion Laurentides à Mirabel, des échanges avec des représentants de l’industrie ont permis de constater que, malgré les compressions, certaines activités se poursuivent et que des ajustements sont en cours à l’interne. Ces observations suggèrent une phase de transition plutôt qu’un arrêt définitif des opérations. Des rappels d’employés sont d’ailleurs en cours pour soutenir cette reprise.

L’avenir de PACCAR à Sainte-Thérèse dépendra en grande partie de sa capacité à s’adapter à ce nouvel environnement. Entre pressions internationales et attentes locales, l’entreprise se trouve à un carrefour stratégique, où chaque décision pourrait redéfinir la place de la région dans l’industrie du camionnage.