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Paccar met le cap sur le marché canadien

Photo Vincent Yergeau – Paccar tente actuellement de percer le marché canadien en prenant le virage de l’électrification de ses véhicules.

Paccar met le cap sur le marché canadien

Publié le 06/11/2026

La diversification des marchés gagne aussi Paccar.

Alors que les États-Unis constituaient son principal marché pour les véhicules lourds Peterbilt, l’entreprise de Sainte-Thérèse entend désormais développer le marché canadien, malgré une croissance encore lente.

Chez Peterbilt, une filiale du fabricant Paccar, on souhaite pousser la vente de véhicules lourds électriques partout au Canada. Mais Martin Blanchette, directeur des ventes, énergie alternative, pour Peterbilt du Canada, ne s’en cache pas : l’intérêt demeure plutôt timide pour le moment.

« Pour l’instant, ça reste émergent, mais ça a beaucoup de potentiel. Le marché canadien n’achète pas autant de camions électriques que cela. L’usine ne peut pas faire juste des camions électriques; les volumes sont insuffisants, alors les camions diesel sont la base industrielle que l’on doit soutenir et la faire évoluer tranquillement vers le camion électrique », explique-t-il.

C’est que l’on ne peut pas trop compter sur le soutien gouvernemental, du moins du côté d’Ottawa. Auparavant, le gouvernement fédéral offrait une subvention pour l’achat incitatif d’un véhicule électrique moyen et lourd zéro émission (iVMLZE). Or, le programme fédéral iVMLZE a pris fin le 31 mars dernier.

« Nous, on essaie de faire comprendre au gouvernement fédéral que les camions électriques fabriqués à Sainte-Thérèse ont besoin de cette subvention », indique M. Blanchette.

Du côté provincial, il existe également un programme nommé Écocamionnage. De l’avis de M. Blanchette, ce programme est une bonne aide, mais insuffisante sans le programme fédéral pour développer le marché canadien. Le nombre de demandes de véhicules électriques chez Paccar s’en trouve réduit.

Pourtant, selon M. Blanchette, la technologie de Paccar est la plus moderne parmi les fabricants de camions. « Paccar venait d’investir dans une nouvelle technologie et qu’on venait de lancer », fait-il remarquer, craignant la concurrence d’autres fabricants avec le retrait de la subvention fédérale.

Devant un bâtiment industriel PACCAR, trois camions stationnent près de quais de chargement, sous un ciel dégagé
Photo Vincent Yergeau

L’influence américaine

Il faut dire aussi que les politiques actuelles à Washington influencent l’intérêt pour les véhicules lourds électriques. Leur conception doit s’appuyer sur les normes américaines.

« Les normes pour le transport lourd sont beaucoup dictées par les normes américaines. Présentement aux États-Unis, l’environnement n’est pas en haut de la liste des priorités de ce gouvernement, aussi elles ont été assouplies. Avant c’était très rigide et l’on visait un échéancier agressif pour aller vers le zéro émission. Là, les transporteurs ne sont plus encouragés à aller vers le zéro émission. Ils sont moins motivés envers les solutions moins polluantes et ça a des effets ici », explique M. Blanchette, en précisant que les normes canadiennes sont harmonisées avec celles des États-Unis.

Mais M. Blanchette n’a pas l’intention d’abandonner. Il ne peut s’empêcher de constater la vitesse à laquelle on électrifie le transport en Asie et le retard de l’Amérique du Nord.

La voie de l’avenir

Pour lui, l’électrification des véhicules lourds reste incontournable. « Il y a des compagnies de transport qui sont visionnaires, qui voient que l’avenir est là. Moi, je n’abandonne pas. Je travaille avec Paccar parce qu’on a de beaux projets. Des projets ciblés pour des applications qui font du sens. »

M. Blanchette parle de camions vocationnels, ceux effectuant la livraison de matières comme le ciment ou encore les vidanges. « Eux, ils ont des comportements prévisibles et sont donc intéressants à électrifier. C’est eux que l’on vise. »

En attendant, M. Blanchette aimerait bien que le marché canadien réalise que Paccar est la seule usine au pays à fabriquer des véhicules lourds et encourage la construction locale, qu’il s’agisse de modèles électriques ou diesel.

Il souligne également que la règle du plus bas soumissionnaire privilégiée dans les appels d’offres nuit aux constructeurs locaux. La réalité économique n’est pas la même d’un pays à l’autre, précise-t-il, de sorte que ceux qui paient leurs employés à bas salaire ont des coûts de construction moins élevés, ce qui désavantage un pays comme le Canada, qui offre de meilleures conditions à ses employés.

Or, le message de M. Blanchette est clair : il faudrait privilégier la provenance avant le prix.