Elle présente plusieurs avantages par rapport au démarrage, mais exige une préparation rigoureuse.
Le repreneuriat gagne du terrain au Québec. Selon les données présentées par Lucie Rolland, experte en transfert chez Repreneuriat Québec, plus de 12 200 transferts d’entreprises sont prévus en 2026, et quelque 38 000 PME pourraient changer de mains au cours des trois prochaines années.
Cette tendance représente un enjeu économique important, puisqu’elle permet de préserver des emplois, des expertises et des relations commerciales déjà établies.
« Ce n’est pas juste une vente d’entreprise. […] On est au-delà de ça, on est dans le transfert », a souligné Mme Rolland lors d’une conférence consacrée au repreneuriat.
Une longueur d’avance sur le démarrage
Contrairement à une entreprise naissante, où tout reste à construire, le repreneur acquiert généralement une clientèle, des équipements, une équipe de travail et un modèle d’affaires ayant déjà fait ses preuves.
Cette continuité peut réduire considérablement les risques. Selon Repreneuriat Québec, le taux de survie après cinq ans atteint 87,5 % pour les entreprises transférées avec son accompagnement, contre 55 % pour les nouvelles entreprises.
L’acquisition exige toutefois un investissement initial important. Le repreneur doit non seulement financer l’achat, mais également disposer des liquidités nécessaires au fonctionnement et au développement de l’entreprise.
Des vérifications essentielles
Lors d’un panel réunissant des spécialistes du droit, de la fiscalité et des transactions d’entreprises, Hugo Grenon, directeur exécutif chez KPMG, a insisté sur l’importance de préparer une vente longtemps à l’avance.
Une entreprise peut notamment devoir revoir ses inventaires, sa structure financière ou ses investissements avant de trouver un acheteur. Idéalement, cette préparation débute un ou deux ans avant la transaction.
La vérification diligente constitue également une étape incontournable. Elle permet d’examiner les finances, les contrats, les obligations juridiques et les risques potentiels de l’entreprise.
Un chiffre d’affaires impressionnant ne signifie pas nécessairement une entreprise rentable. Des équipements vieillissants, des revenus exceptionnels ou une dépendance envers quelques clients peuvent considérablement influencer sa valeur.
La distinction entre l’achat des actions et celui des actifs comporte aussi des conséquences fiscales et juridiques importantes. Les spécialistes recommandent de consulter des professionnels avant même de signer une lettre d’intention.
Éviter les mauvaises surprises
Parmi les erreurs fréquentes, les panélistes ont notamment relevé les ententes imprécises sur le prix de vente, le fonds de roulement et les modalités de paiement.
La balance de prix de vente, qui permet à l’acheteur de payer une partie du montant ultérieurement, peut faciliter le financement. Elle comporte néanmoins des risques pour le vendeur, qui doit s’assurer de pouvoir récupérer les sommes promises.
La confidentialité représente un autre enjeu majeur. Une vente annoncée prématurément pourrait inquiéter les employés, les fournisseurs et les clients.
Enfin, les experts rappellent que les défis ne disparaissent pas une fois les documents signés. Une période d’accompagnement de plusieurs mois peut être nécessaire pour transmettre les connaissances, rassurer les employés et assurer la continuité des relations commerciales.
« C’est une transaction, mais c’est aussi une transition », a résumé Lucie Rolland, rappelant que les enjeux humains sont souvent à l’origine des difficultés rencontrées après une vente.
Pour les cédants comme pour les repreneurs, le principal conseil demeure donc le même : amorcer les démarches tôt, bien s’entourer et prendre le temps de préparer la relève.

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