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Trois grands défis à relever pour les entreprises de la MRC Thérèse-De Blainville

Photo courtoisie – Le directeur général de la MRC Thérèse-De Blainville, Kamal El-Batal, estime que l’industrie de la défense constitue un marché d’avenir pour bon nombre d’entreprises régionales en processus d’innovation.

Trois grands défis à relever pour les entreprises de la MRC Thérèse-De Blainville

Publié le 13/04/2026

Pas moins de 5400 PME et industries, toutes catégories confondues, s’activent sur le territoire de la MRC Thérèse-De Blainville et chacune d’elles doit relever d’importants défis en cette période géopolitique bouleversée.

C’est du moins l’analyse qu’en fait le directeur général de la MRC Thérèse-De Blainville, Kamal El-Batal, qui détient une fine connaissance des entreprises du territoire, qui regroupe plus de 60 000 employés.

« Qu’elles soient industrielles ou commerciales, nos entreprises font preuve d’une résilience remarquable. Mais elles doivent quand même composer avec un environnement économique marqué par l’incertitude, notamment en ce qui concerne nos exportations, parce qu’il ne faut pas oublier que 75 % de nos exportations dépendent du marché américain », souligne d’entrée de jeu M. El-Batal.

Dans le contexte géopolitique redéfini par le retour au pouvoir du président américain, la question de l’imprévisibilité du marché est un défi de taille, rappelle le directeur général de la MRC.

Trois grands enjeux

En fait, l’avenir des entreprises de la région se jouera en trois tableaux, croit celui-ci : celui des exportations, de l’innovation concurrentielle, et de la gestion de la main-d’œuvre et talent.

Défi numéro un, rendre la main-d’œuvre attractive puis la retenir sur un territoire à la fois avantagé et désavantagé par les grandes villes voisines. « Le bassin de la main-d’œuvre sur le territoire de la MRC de Thérèse-De Blainville est limité. Il y a une concurrence extraordinaire de par notre proximité des pôles urbains, que ce soit Laval, Montréal, Terrebonne ou Saint-Jérôme. Donc, il y a cet enjeu de rétention, de la gestion de talents et, surtout, du renouvellement de la main-d’œuvre », note-t-il.

Main-d’œuvre étrangère

Pour stabiliser la main-d’œuvre sur le territoire, M. El-Batal affirme qu’il faut pouvoir se tourner vers la main-d’œuvre étrangère. Dernièrement, l’ensemble des municipalités du Québec ont pressé Québec et Ottawa d’agir pour garder au pays cette main-d’œuvre. L’Union des municipalités du Québec se positionne d’ailleurs fermement en faveur du maintien du PEQ.

« Il y a des familles, des jeunes francophones qui sont bilingues, trilingues, venus s’installer ici et qui se sont formés sur les bancs de nos écoles québécoises. Ils ont un travail et commencent à s’établir, à se stabiliser et à contribuer au développement économique de la société québécoise. Donc, il faudra savoir comment les retenir pour ne pas les perdre », clame le directeur général de la MRC TDB.

C’est que les entreprises font actuellement face à des enjeux liés au savoir-faire en innovation technologique et ne peuvent pas se permettre d’attendre des années pour embaucher une main-d’œuvre opérationnelle talentueuse, insiste M. El-Batal.

Innovation et changements climatiques

Le volet innovation constitue justement le second défi d’importance pour l’avenir des entreprises régionales, fait valoir celui-ci. L’optimisation industrielle doit intégrer la notion de responsabilisation face aux changements climatiques. « C’est une responsabilité collective et de plus, les entreprises soucieuses de s’adapter aux changements climatiques contribuent au développement des sociétés et peuvent explorer des marchés plus facilement et augmenter leur productivité », indique M. El-Batal.

Or, ce défi est d’autant plus lourd qu’il doit se faire en adéquation des enjeux infrastructurels du monde municipal, signale-t-il. « Donc il y a une part de responsabilité du monde municipal, du gouvernement du Québec, du gouvernement canadien, de mettre à la disposition du monde municipal, suffisamment de leviers financiers en vue de restaurer les routes et aqueducs afin d’aider nos entreprises et justement leur faciliter la tâche en matière d’adaptation aux changements climatiques. »

Inconstance géopolitique

Troisième défi et non le moindre : l’aspect géopolitique intimement lié à la commercialisation des produits québécois dont plus de 70 % étaient destinés, jusqu’à tout récemment encore, au marché américain.

À la rareté de la main-d’œuvre, s’ajoutent donc les soubresauts du président Trump et ses répercussions en termes d’incertitude sur le marché boursier, la variation des taxes frontalières et puis la récente guerre avec l’Iran qui gonfle le coût de l’essence et donc du transport de marchandises.

« Tout cela fait en sorte que l’on est face à un contexte économique incertain auquel font face nos industries et entreprises commerciales. Il faudra voir comment composer avec cette réalité, comment consolider et stabiliser le marché américain et explorer d’autres horizons qu’il s’agisse des pays d’Asie du Sud qui sont en pleine émergence ou l’Europe avec son potentiel de 450 millions d’habitants et encore sous-exploité par le Québec et les entreprises de la MRC TDB, sans oublier le marché canadien, qui représente un potentiel de 40 millions d’habitants », souligne M. El-Batal.

D’ailleurs, tout ce qui arrive en ce moment, avec les défis de diversification des marchés, le directeur général de la MRC le présente comme un éveil et donc une formidable opportunité d’explorer de nouveaux marchés en mode plus offensif, insistant sur l’Asie du Sud, sans oublier l’innovation industrielle pouvant desservir le secteur de la Défense.