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Ceux qui font le Nord Info depuis 50 ans

Photo : Christophe Godon

Depuis 36 ans, Clémence grandit avec le Nord Info et le Groupe JCL. Derrière ses fameux cahiers
noirs se cachent des milliers de rencontres, des clients devenus complices et une foule de souvenirs. Une carrière bâtie avec cœur et fidélité

Ceux qui font le Nord Info depuis 50 ans

Publié le 29/08/2026

Un journal, ce sont des nouvelles, des photos et des publicités imprimées sur du papier.

Mais derrière chacune de ses éditions se cachent surtout des gens. En 50 ans, le Nord Info en a vu passer des centaines : journalistes, photographes, représentants, graphistes, monteurs, livreurs et employés de production. Certains y auront passé quelques années. D’autres, presque toute une vie professionnelle.

Clémence est de celles-là. Voilà maintenant 36 ans qu’elle travaille pour le Groupe JCL. Originaire de la campagne de la région de Québec, elle avait d’abord songé à devenir professeure de français avant de se tourner vers l’administration des affaires et le marketing. Après son arrivée dans les Laurentides, elle occupe quelques emplois, notamment à la Ville de Deux-Montagnes, avant de se joindre aux journaux de Jean-Claude Langlois.

Elle commence modestement avec les cahiers thématiques de La Voix des Mille-Îles, l’hebdomadaire du mercredi, tandis que le Nord Info, publié le samedi, est alors le gros morceau : plus volumineux, plus prestigieux et particulièrement recherché des annonceurs. Elle apprend le métier auprès de Solange Lamoureux, belle-fille de Jean-Claude Langlois. Sa première mission : préparer le cahier de la rentrée scolaire pendant que presque tout le monde est en vacances.

Elle apprend vite. Très vite, même. Au point de parfois bousculer les habitudes des représentantes : lorsqu’elle réussit à vendre à un client régulier une publicité dans un cahier spécial, celui-ci laisse forcément un espace vide ailleurs dans le journal. Elle finit par prendre les rênes du territoire du Nord Info. À une époque où chaque représentante possède son secteur, elle hérite de celui qu’elle couvre encore aujourd’hui, et qui demeure le plus vaste : la MRC de Thérèse-De Blainville.

Au fil des décennies, elle a vu des entrepreneurs lancer leur commerce, leurs enfants y travailler puis reprendre l’entreprise. Une continuité qui ressemble d’ailleurs à celle du Groupe JCL lui-même.

Le cahier noir de Clémence

Clémence n’a pas accueilli toutes les révolutions technologiques avec le même enthousiasme.

Son outil préféré demeure étonnamment simple : un cahier noir. Elle y inscrit ses appels, ses suivis, les habitudes de ses clients et tout ce qu’elle ne veut pas oublier. Elle est aujourd’hui l’une des dernières à travailler ainsi, et elle en est fière.

Ces cahiers constituent presque une histoire parallèle du Nord Info. Trente-six années de relations commerciales, de rendez-vous et de petites notes qui permettent de comprendre un territoire et ceux qui le font vivre.

C’est d’ailleurs ce qui rend pour elle l’idée de la retraite difficile à imaginer. Plus encore que de quitter son travail, elle s’inquiète de transmettre ce qu’elle sait. Puis elle se rassure en montrant ses notes : « Quand je vais partir, ils vont être en business! »

Elle a aussi conservé des découpures de journaux, les dessins de ses enfants publiés dans les pages du groupe et quantité de souvenirs accumulés au fil des années. Parce qu’à force de travailler « comme si c’était sa business », la frontière entre l’histoire du journal et sa propre histoire devient parfois mince.

Jean-Claude Langlois y occupe une place particulière. Elle se rappelle un patron dont « la porte était toujours ouverte » et qui prenait soin de le rappeler à ses employés. On pouvait venir le voir pour un problème professionnel, mais également personnel. Plusieurs des vétérans du groupe utilisent d’ailleurs encore aujourd’hui un vocabulaire presque familial lorsqu’ils parlent du fondateur.