Dans le cadre de sa tournée régionale, le Hub Mobile d’INCA était dans les Laurentides pour offrir des outils et des ateliers visant à améliorer le quotidien, favoriser l’autonomie et permettre des échanges avec d’autres personnes vivant des réalités similaires.
La gestionnaire des programmes Najla Noori était sur place pour nous en dire plus sur l’événement et sur les personnes ayant une déficience visuelle, sujet qu’elle maîtrise ayant elle-même une limitation visuelle depuis l’âge de trois ans.
Un accès à l’emploi encore difficile
Najla Noori a une maladie génétique rare, provoquant la dégénérescence progressive des photorécepteurs dans la rétine. Selon les statistiques d’INCA, elle fait partie des 200 000 personnes ayant une limitation visuelle au Québec. Avant d’occuper le poste de gestionnaire de programmes chez INCA, depuis maintenant cinq ans, elle a travaillé pendant une dizaine d’années comme intervenante sociale au sein du même organisme. Malheureusement, travailler lorsqu’on vit avec une déficience visuelle demeure l’exception plutôt que la norme. « Ce n’est pas évident. On essaie de sensibiliser les employeurs, mais c’est un gros défi », souligne Najla.
En plus d’avoir de la difficulté à trouver du travail, les technologies sont dispendieuses et rarement couvertes. Pour certains produits, le gouvernement peut payer, mais très souvent, l’attente est entre six mois et un an pour avoir notre produit. Lorsqu’on devient nouvellement aveugle, cette attente peut être dévastatrice au point d’avoir à débourser des sommes de plusieurs milliers de dollars pour être capable de mieux fonctionner immédiatement. « Les personnes âgées ne peuvent même pas travailler. Comment sont-elles censées se payer ça ? », ajoute madame Noori.
À cela s’ajoute l’apprentissage de ces technologies, qui peut s’avérer complexe pour plusieurs. INCA offre d’ailleurs plusieurs formations pour aider les gens à les utiliser. Ils offrent aussi des groupes d’entraide et de soutien, ce qui est essentiel lors d’une perte de vision. « Quand on perd la vue, on perd tout. Notre emploi, nos relations sociales. C’est sûr que ça peut amener des dépressions et une santé mentale plus fragile », souligne la gestionnaire des programmes.
INCA propose également différents groupes de soutien pour les personnes qui viennent de perdre la vision ou qui ont des difficultés à s’adapter. Parmi ceux-ci, le groupe « Harmonie », animé par des intervenants spécialisés, permet d’approfondir certaines thématiques et de mieux gérer les rechutes. Pour leur part, le groupe « Entraide », animé par des bénévoles, favorise la socialisation et contribue à briser l’isolement.

La domotique et l’intelligence artificielle
La domotique désigne l’ensemble des technologies (informatique, électronique, télécommunications) permettant d’automatiser et de contrôler à distance les équipements d’une maison (chauffage, éclairage, sécurité, électroménager). Robert Savard, responsable des technologies adaptées pour la Hub Mobile, était sur place avec sa trousse démonstrative contrôlée par Alexa, l’assistant vocal intelligent d’Amazon.
À l’aide de simples commandes vocales, Robert démontre qu’il est possible d’activer ou de désactiver un ventilateur ou des lumières, ainsi que d’ajuster la température grâce à un thermostat intelligent. Les prises intelligentes permettent également de contrôler presque n’importe quel appareil branché.
Lors de l’événement, Johann Hamm a offert une démonstration avec les agents conversationnels comme ChatGPT, Gemini et Copilot pour en nommer quelques-uns. Avec de simples commandes vocales, on peut obtenir des informations simples comme la météo et la localisation.
De plus, avec l’évolution rapide des agents, il devient possible d’ajuster les paramètres selon votre situation. Par exemple, si vous demandez à ChatGPT de vous proposer un programme dynamique pour vous remettre en forme avec des paramètres indiquant que vous avez une déficience visuelle, il ne suggérera pas le cyclisme de montagne. Le programme sera plutôt adapté à votre réalité.
Une autre option intéressante vient de Gemini. En autorisant l’accès à la caméra, une simple commande vocale permet de savoir ce qui se trouve devant soi. Johann a donné un exemple en demandant ce qu’il y avait devant lui et environ 15 secondes plus tard, Gemini a pu répondre qu’il y avait un homme assis sur une chaise avec une chemise bleue, ce qui était exact.
Malgré les avancées, ces agents ne sont pas considérés comme étant fiables pour l’instant. À plusieurs reprises pendant la conférence, il fallait répéter la commande pour obtenir une réponse. Ces limites peuvent provoquer de la frustration et de l’impatience chez les utilisateurs.

Une qualité de vie transformée
Le développement de nouveaux outils se poursuit à grande vitesse. Najla s’est d’ailleurs montrée enthousiaste à l’idée de chiens guides robots, une technologie qui pourrait constituer une alternative intéressante puisque l’entraînement d’un chien guide traditionnel coûte environ 50 000 $ et nécessite de deux à trois ans.
Avec les nouvelles options d’aujourd’hui comme les outils vocaux (thermomètre, balance, GPS, etc.) et les outils d’intelligence artificielle (montre intelligente, agent conversationnel, prise intelligente, etc.), on peut dire que la réalité des personnes ayant une déficience visuelle est meilleure aujourd’hui qu’elle était il y a peu de temps grâce aux avancées technologiques. Encore faut-il pouvoir se permettre de les acheter.
Pour plus d’information sur les produits, visitez la section boutique de leur site web. Tous les profits serviront à soutenir les programmes d’INCA.

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