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Fondation Femina – La campagne « À chacune sa perle » fête ses 10 ans

Photo : courtoisie Fondation Femina — La carte remise avec chaque perle rappelle aux femmes hébergées que leur vie a de la valeur.

Fondation Femina – La campagne « À chacune sa perle » fête ses 10 ans

Publié le 07/08/2026

La Fondation Femina souligne cette année les dix ans de sa campagne « À chacune sa perle » en distribuant 10 440 perles symboliques à 87 maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale à travers le Québec, selon un communiqué diffusé le 6 juillet.

Chaque perle est accompagnée d’une carte qui rappelle à celle qui la reçoit que sa vie a de la valeur et qu’elle mérite respect et sécurité. Une intervenante la remet à la femme à son arrivée dans une maison d’hébergement, ou parfois à son départ.

Une idée devenue tradition en dix ans

L’initiative remonte à 2016, dès les débuts de la Fondation. L’objectif était, dès le départ, que chaque femme franchissant les portes d’une maison d’hébergement puisse recevoir une perle. Cette année marque la première fois que la Fondation y parvient dans la majorité des maisons du Québec, un résultat qui dépasse ce qu’elle avait imaginé au départ, selon Linda Petrozza, présidente et fondatrice de la Fondation Femina.

« Les intervenantes qui remettent la perle rapportent que chaque femme a une réaction », dit-elle. Le geste, explique-t-elle, vient toucher les femmes sur le plan émotionnel et leur rappelle que des gens, à l’extérieur de la maison, se sont mobilisés pour les accompagner dans leur reconstruction.

Chaque perle est fabriquée et emballée à la main, un travail qui prend environ deux minutes, mais qui mobilise des dizaines de personnes tout au long de l’année. Certaines bénévoles en confectionnent chez elles, à leur rythme. Des entreprises organisent aussi des activités de consolidation d’équipe, où cinq à quinze employés se réunissent sur l’heure du dîner pour l’emballage. La Fondation tient de son côté trois ou quatre soirées d’emballage par année. Depuis le mois de mai, deux d’entre elles ont réuni 32 et 35 bénévoles, et une douzaine de personnes se sont jointes à une troisième. Des étudiants sollicitent aussi la Fondation pour y accomplir des heures de bénévolat scolaire.

Carte turquoise de la Fondation Femina posée sur une surface claire, affichant un message bienveillant en français et en anglais
Photo : courtoisie Fondation Femina

Le choix de la perle comme symbole n’est pas anodin. Dans la nature, une perle se forme lorsqu’un corps étranger, un grain de sable ou un parasite, irrite un mollusque. Incapable de l’expulser, celui-ci le recouvre de nacre, couche après couche, jusqu’à obtenir une perle lisse. La perle se forme ainsi après un choc, un parallèle que fait Linda Petrozza avec le parcours des femmes qui se reconstruisent après la violence conjugale.

Un numéro de téléphone de SOS-violence conjugale est aussi glissé dans l’emballage. La fondatrice croit que certaines femmes, à l’extérieur même des maisons d’hébergement, ont utilisé ce numéro après avoir reçu une perle en cadeau. Les perles sont aussi vendues au grand public, qui peut en offrir à une sœur, une fille ou une collègue, ainsi qu’à des entreprises qui les remettent à leurs employés. Chaque perle vendue transporte le même message et le même numéro d’aide, ce qui en fait à la fois un objet de sensibilisation et une source de financement pour la Fondation.

Des maisons d’hébergement sous pression

Derrière ce geste, la réalité demeure difficile pour les maisons d’hébergement. Selon Linda Petrozza, elles restent sous-financées malgré les sommes additionnelles injectées par le gouvernement ces dernières années. La crise du logement force aussi les femmes à y rester plus longtemps : un séjour qui durait environ trois mois s’étire maintenant sur cinq ou six mois.

Certaines femmes patientent jusqu’à trois mois avant d’obtenir l’aide d’une intervenante, même sans avoir besoin d’hébergement.

Dans les Basses-Laurentides, le secteur décrit par Linda Petrozza correspond à quatre maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale : la Maison Le Mitan, à Sainte-Thérèse, la Citad’Elle, à Lachute, la Maison d’Ariane, à Saint-Jérôme, et L’Ombre-Elle, à Sainte-Agathe-des-Monts.

« La violence conjugale est beaucoup plus présente que parfois on se l’imagine », rappelle Linda Petrozza, qui invite quiconque soupçonne qu’une proche est victime à contacter SOS-violence conjugale.

La Fondation compte poursuivre cet élan de solidarité le 12 septembre, à Blainville, avec sa levée de fonds « Je marche pour ELLES », une marche de 5 kilomètres jumelée à un parcours cycliste de 100 kilomètres, ouverts à tous.