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La nécessité d’une conciliation travail et proche-aidance

Photo Reine Côté – Sophie Renaud offre depuis deux ans un service d’accompagnement aux entreprises et aux travailleurs sur la proche-aidance en milieu de travail.

La nécessité d’une conciliation travail et proche-aidance

Publié le 14/09/2026

Alors que de plus en plus de travailleurs québécois deviennent proches aidants d’un membre de leur entourage, ne convient-il pas d’instaurer un mode de travail favorisant la conciliation travail-aidance?

C’est du moins ce que croit Sophie Renaud, qui œuvre depuis deux ans auprès des employeurs et travailleurs afin de les sensibiliser à une réalité de plus en plus répandue… même insidieuse parmi ceux qui s’occupent d’un parent. Au moins une personne sur trois assumerait ce rôle, au Québec, laisse-t-elle entendre.

À titre de chargée de projet pour le Groupe Humanova, qui dispense des services d’accompagnement à la recherche d’emploi, Mme Renaud rencontre régulièrement des gestionnaires et des proches aidants. C’est d’ailleurs elle qui a convaincu le Groupe Humanova – qui est l’organisme résultant de la fusion en juillet 2025 entre Cible Emploi et La Porte de l’emploi – du grand besoin d’ajouter ce volet à l’ensemble des services d’accompagnement dispensés.

Depuis le début du déploiement de son projet, elle a aussi rencontré près d’une cinquantaine de gestionnaires en plus de nombreux travailleurs.

Son but : sensibiliser les employeurs à l’importance d’assouplir les conditions de travail à l’endroit d’employés devenus proches aidants, mais également responsabiliser les travailleurs proches aidants qui doivent tout de même répondre aux attentes d’un employeur ayant des objectifs à atteindre, surtout lorsqu’il s’agit de production.

Expérience personnelle

Mme Renaud connaît bien cette situation, elle qui a dû délaisser son emploi durant quelques années pour s’occuper de sa fille diagnostiquée d’un trouble du spectre de l’autisme à haut degré. En des temps où la conciliation travail-famille est un phénomène mieux accepté de la part des gestionnaires, il en va autrement de la proche-aidance.

C’est que bon nombre de personnes n’ont tout simplement pas conscience qu’elles occupent un tel rôle auprès d’un proche. Certains préfèrent même l’ignorer par peur d’être stigmatisés par l’entourage, par leurs compagnons de travail, avec un horaire assoupli, souligne Mme Renaud, qui a eu l’occasion de s’entretenir avec plusieurs d’entre eux.

« À l’époque, en accompagnant des travailleurs dits « expérimentés », on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de ces chercheurs d’emploi qui étaient touchés par la proche-aidance. Et que ce n’était pas un angle abordé au niveau de la recherche d’emploi. Et les entreprises ne sont pas nécessairement bien outillées pour faire face à ce nouveau rôle, qui est en train d’émerger », explique Mme Renaud.

Intérêt accru

Personne n’en sera surpris, mais ce sont les individus de 45 à 65 ans qui assurent le plus souvent le rôle de proche-aidant. Surtout des femmes.

C’est donc auprès de cette clientèle ciblée que Mme Renaud a mis en branle son projet, avec le soutien financier du Secrétariat à la condition féminine. Un projet de six mois durant lequel elle a multiplié les webinaires de sensibilisation. Puis l’organisme L’Entraidant, organisme régional se spécialisant dans le soutien psychosocial auprès des proches aidants, s’est mis de la partie à titre de partenaire, vu l’intérêt croissant.

« On s’est rendu compte que c’était une réalité qui touchait beaucoup, beaucoup de monde. Il y avait une demande, une curiosité, un besoin d’en savoir plus. On a donc décidé d’aller plus loin avec ce projet-là en allant chercher ce partenaire complémentaire. »

En partenariat avec L’Entraidant, le projet a pu aller plus loin, offrant aux entreprises et autres employeurs des outils concrets afin de mieux intégrer la proche-aidance dans leur politique de conciliation travail et vie personnelle.

À une époque où les pénuries de travailleurs sont le lot de plusieurs secteurs d’emploi, il faut tout faire pour faciliter le maintien en poste des travailleurs le plus longtemps possible, pense Mme Renaud, en ajoutant que les compétences développées par le rôle de proche aidant – qui requiert un sens des responsabilités et de l’organisation accru – devraient davantage être mises de l’avant dans les candidatures.

Il faut toutefois retenir que la conciliation travail et proche-aidance demeure un enjeu collectif et se doit d’être partagée, tant du côté de l’employeur que de celui de l’employé, qui doit aussi s’ajuster aux attentes de son milieu de travail, comme l’explique la chargée de projet. D’où l’importance d’un service de soutien et d’outillage qu’offre le projet de proche-aidance du Groupe Humanova.

Pour en savoir plus sur ce service : Sophie Renaud | 450 435-5462, poste 270.