Plus on remonte vers le nord, plus le décor change. Les grandes tablées se font plus rares. À Brébeuf et dans la MRC des Laurentides, l’acériculture est d’abord une affaire de production. Tubulures discrètes à flanc de montagne, érablières en pente, barils empilés derrière la sucrerie : ici, l’érable coule moins sous les projecteurs que dans les évaporateurs.
Le maire de Brébeuf, Marc L’Heureux, le dit sans détour : « On n’a pas beaucoup de cabanes à sucre avec de grandes tablées comme dans les Basses-Laurentides. Par contre, nos tables champêtres et nos restaurants offrent des repas traditionnels du temps des sucres. »
Cette nuance est révélatrice. Le sud met en scène l’identité acéricole ; le nord en soutient la colonne vertébrale productive. Les deux réalités se complètent. L’encadrement des Producteurs et productrices acéricoles du Québec assure la stabilité des volumes, pendant que les restaurateurs transforment le sirop en expérience gastronomique.
Le maire soutient également que : « L’érable est essentiel pour l’industrie de la construction. Il ne faut pas oublier nos forestiers ». Dans cette tension entre vitrine et arrière-scène, la forêt demeure le socle commun. « La forêt, c’est notre parc industriel », image le maire.
Pour certains, la forêt est un lieu d’évasion, pour d’autres, plutôt un sentier pédestre, un garde-manger, un terrain de chasse ou un espace de production. L’érable laurentien vit donc sur deux tempos : celui de la fête et celui du travail, celui du tourisme et celui de la transformation. Ensemble, ils dessinent une économie enracinée dans le territoire.

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