Après un temps d’ajustements, la directrice générale Marie-Pier Foucault explique que l’organisation a trouvé son rythme avec une équipe engagée, qui comprend son rôle.
Financièrement, l’équilibre est au rendez-vous grâce à la diversification des revenus, entre subventions du gouvernement du Québec et donateurs privés. « Ça nous permet de nous assurer une stabilité », explique-t-elle, tout en rappelant la fragilité des subventions publiques.
Dans une maison lumineuse et familiale, où l’on partage le repas à 17 h tapant, une chose regroupe toutes celles qui sont autour de la table : l’itinérance. La Maison Le Paravent, qui tend à réhabiliter les femmes en situation d’itinérance, a comme désir d’instaurer un climat où les résidentes peuvent se sentir en sécurité, loin d’une ambiance institutionnelle.
« C’était vraiment ça l’ambiance qu’on voulait créer », confie Mme Foucault, en parlant des visiteuses qui disent avoir « l’impression d’être chez elles ».
La crise du logement, un mur à franchir
L’objectif de l’organisation est que les femmes réintègrent la société à 100 %, en se logeant et en étant autonomes. Toutefois, le principal obstacle demeure l’accès au logement, dont la pénurie complique la situation.
Pour une demande d’accès à un logement social, les délais d’attente peuvent prendre jusqu’à 1 000 jours! Les femmes se retrouvent prêtes à partir… sans porte de sortie. La solution envisagée par Mme Foucault est de développer des appartements supervisés et, à plus long terme, compléter la « chaîne de services ».
« Il faut être capable d’offrir autant de l’hébergement d’urgence que du transitoire, en plus de solutions sur le long terme et des services externes, affirme la directrice. On ne peut pas s’appuyer seulement sur une ressource d’urgence, ni uniquement sur le communautaire. Il faut que la part de chacun soit mise en commun pour quelque chose de réaliste à long terme ».
Déconstruire les clichés
À la Maison Le Paravent, les profils sont variés : jeunes adultes en rupture, mères quittant un contexte de violence, femmes en itinérance chronique, sorties de la DPJ. La moyenne d’âge est de 43 ans, mais les résidentes ont entre 18 et 70 ans.
« On est en train tranquillement de déconstruire l’image de la personne en situation d’itinérance, affirme Marie-Pier Foucault. On a des épisodes d’itinérance, comme une séparation, un incendie, un burn-out. Trois mois sans logement, ça existe ».
Dans les Basses-Laurentides, la directrice observe une ouverture croissante des élus, qui veulent régler les problématiques autour de l’itinérance. « Je vois un réel intérêt à trouver des solutions, à travailler avec nous », dit-elle.
La mission demeure claire au Paravent : offrir un répit, mais surtout un tremplin pour la suite.

MOTS-CLÉS
Maison Le Paravent
Cahier de la Femme 2026
Marie-Pier Foucault