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Samare d’érable : Symbole de la capitale

Photo Christophe Godon –

Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel, Jean-Denis Garon, député fédéral de Mirabel, Lucie Lecours, députée de Les Plaines, Sylvie D’Amours, députée de Mirabel et l’artiste Charles-Emanuel Brossard (Charlem) ont dévoilé Samare d’érable à Mirabel le 16 février dernier.

Samare d’érable : Symbole de la capitale

Publié le 16/03/2026

Au cœur de Mirabel, une œuvre d’art public déploie désormais ses ailes vers le ciel. Samare d’érable, création de l’artiste mirabellois Charlem, est composée d’un V formé par deux samares d’érable, cette petite graine ailée qui tourbillonne dans le vent avant de se déposer au sol pour donner naissance à un nouvel arbre.

À la fois poétique et symbolique, la sculpture rend hommage à l’identité acéricole de la région et à l’ambition de Mirabel à se positionner comme une véritable capitale de l’érable.

Pour l’artiste, le choix de la samare s’est imposé comme une évidence. Dans la nature, elle incarne la transmission et le renouveau : une graine qui s’élève, voyage, puis s’enracine ailleurs.

« À sa mort, elle donne la vie », résume Charlem. « Elle s’envole dans le vent, se replante dans la terre et fait naître un nouvel érable. »

Une métaphore qui résonne avec le territoire mirabellois, où l’érable fait partie du paysage, de l’histoire et de l’économie locale.

Un érable enraciné dans l’histoire

La base de l’œuvre repose sur un imposant morceau de bois d’érable provenant du parc du Bois de Belle-Rivière. La pièce a été sciée dans un ancien moulin appartenant à une maison patrimoniale liée à l’époque des Patriotes. Ce clin d’œil au passé a profondément marqué l’artiste.

Pour lui, cette provenance donne une dimension symbolique à la sculpture.

« Il y avait quelque chose de puissant dans ces racines-là, dans notre histoire. Je voulais créer un symbole qui rappelle d’où l’on vient et qui donne un sentiment de fierté. »

L’érable devient ainsi bien plus qu’un matériau : il incarne la mémoire du territoire, son passé agricole et les traditions qui continuent de façonner l’identité des Laurentides.

Le feu, le marteau et la mémoire de la matière

À ce socle organique s’ajoute une structure métallique forgée à la main. Charlem a choisi de travailler le métal au charbon et à l’enclume, une technique ancestrale qui lui permet d’inscrire physiquement l’énergie du geste dans l’œuvre.

« Quand on forge une pièce, il y a une résonance qui reste dans le métal. Le feu, le marteau… tout ça se cristallise dans la matière », explique-t-il.

Chaque coup porté laisse une trace invisible, mais, selon l’artiste, toujours présente : « C’est une vibration qui continue d’habiter l’objet. »

La samare métallique s’ouvre ainsi vers le ciel, captant la lumière avant de la rediriger vers la base de bois, comme si la sculpture elle-même participait à un cycle naturel.

L’entrematière, là où naissent les projets

Lors du dévoilement de l’œuvre, Charlem a accompagné son geste d’un poème inspiré d’un concept qu’il développe depuis quelques années : l’entrematière.

Pour l’artiste, ce mot désigne cet espace invisible entre le présent et l’avenir : l’endroit où naissent les idées, les rêves et les projets collectifs.

« C’est tout ce qu’on projette dans le futur, mais qu’on habite déjà maintenant », explique-t-il.

Avec Samare d’érable, il espère justement ancrer cette vision dans le paysage mirabellois. Une œuvre qui rappelle les racines du territoire tout en regardant vers l’avenir comme une graine prête à prendre son envol.