Cette pièce est en fait une bonne vieille chambre de hockey. Elle a des bancs au confort douteux, des murs aux couleurs fades et une machine bruyante quelque part derrière une autre porte. Bref, elle est chargée de souvenirs — d’une saison, d’une vie — pour l’entraîneur de l’Armada.
Assis à l’écart, ayant troqué le veston-cravate pour la tenue de ville, Alexandre Jacques est tout aussi occupé qu’un soir de match. Son équipe se prépare à recevoir les Tigres de Victoriaville pour lancer les séries.
Il est occupé au point de ne suivre le récent championnat universitaire canadien qu’à travers les faits saillants. Il évoque des joueurs qu’il a vus passer par les Seigneurs des Mille-Îles dans le mineur, ainsi que lors de son premier passage de huit saisons avec l’Armada. Même s’il est une recrue à son poste, sa réputation dans le hockey laurentien n’est pas à faire.

Revivre la LHJMQ avec passion
De 2013 à 2021, Alexandre Jacques a occupé divers postes dans l’organigramme de l’équipe qu’il dirige aujourd’hui. Il a vécu de près l’ascension de l’équipe, ses cycles, ses défaites, ainsi que ses deux participations consécutives en finale pour la Coupe du Président.
Pour la première fois de sa carrière, il a une occasion d’y retourner. Au minimum, il vit pleinement l’engouement et la passion de la LHJMQ. « On le dit souvent aux jeunes et c’est peut-être cliché, mais les années juniors majeures sont les plus belles années de hockey », raconte Alexandre Jacques. Il ajoute que « le souci du vrai monde » ne s’applique pas à ce niveau, évoquant le fait que « des joueurs [professionnels] ont des familles, des enfants », alors qu’à 20 ou 21 ans, la réalité est toute autre pour ses coéquipiers.
Entre développement et ambition
Dans cette succession de séquences plus difficiles et de triomphes, il ne faut pas oublier qu’Alexandre Jacques en est à ses premiers faits d’armes comme entraîneur-chef dans le circuit Cecchini. Il arrive dans un contexte où l’équipe aspire aux plus grands honneurs.
C’est avec humilité qu’il accepte un bilan non officiel de la saison régulière. « On a fait face à l’adversité durant la saison, mais il faut voir le positif aussi. » À ses yeux, c’est le résultat de joueurs qui ont joué de la bonne façon et « qui se sont donnés pour qu’on puisse les avoir ».
Au fil de cette saison, il a hérité d’un groupe talentueux, comme il aime le rappeler en point de presse. « J’ai appris à les connaître, ils ont appris à se connaître aussi », soutient-il.
Il croit finalement que de jongler entre un rôle de développement — pour ceux qui aspirent aux rangs professionnels — et celui de les mouler à la formule Armada a fait de lui un meilleur entraîneur. Comme quoi, lui aussi est encore en apprentissage.

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