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Exode du talent vers la NCAA : « S’il y avait une formule magique, on l’aurait trouvé depuis longtemps »

Photo Vincent Éthier – Le commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini.

Exode du talent vers la NCAA : « S’il y avait une formule magique, on l’aurait trouvé depuis longtemps »

Publié le 09/06/2026

« Mets-en » que c’est frustrant pour les directeurs généraux. Et « pour la ligue? Mets-en aussi ».

L’exode des talents de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) n’épargne personne, pas même le commissaire du circuit, Mario Cecchini.

Il n’a pas fallu attendre plus longtemps que la toute première question de son point de presse pour parler du bonhomme Sept-Heures.

Depuis août 2025, les joueurs des trois ligues canadiennes — la Ligue de l’Ouest (WHL), la Ligue de l’Ontario (OHL) et la LHJMQ — peuvent quitter leur circuit respectif pour rejoindre la NCAA, aux États-Unis.

Le commissaire semble en avoir perdu le compte. Après tout, la ligue apprend presque quotidiennement qu’un de ses joueurs choisira finalement la voie des collèges américains.

Mario Cecchini est toutefois catégorique : il n’existe pas de formule magique pour régler la situation. S’il y en avait une, « on l’aurait trouvée depuis longtemps », tranche-t-il.

Des discussions ont lieu entre les décideurs, mais rien n’est encore prêt à être annoncé.

« Je ne pense pas qu’on va annoncer des choses extraordinaires. Ne vous attendez pas à ça. On est 61 clubs (…), on est 8000 à penser à la NCAA tous les jours au Canada depuis un an (…). Si vous vous attendez à la phrase choc, à la formule clé comme dans un débat politique, ça m’étonnerait que ça arrive. »

Dans sa façon de voir les choses, Mario Cecchini préfère attaquer « ce monstre » ou « ce problème », comme il l’appelle lui-même, sous deux angles : le recrutement de nouveaux joueurs et la multiplication des actions de la ligue.

Le carrousel des changements de règlements

Il y a tout de même moyen de voir le verre à moitié plein.

Cecchini souligne notamment l’arrivée de nouveaux joueurs dans la ligue qui viennent s’y développer avant de poursuivre leur parcours aux États-Unis.

Un cas qui lui a particulièrement brisé le cœur est celui de William Lacelle, qui poursuivra sa carrière à l’Université du Nebraska-Omaha dès l’automne prochain.

Selon lui, Lacelle était déjà destiné à prendre la route des États-Unis. Sous l’ancien règlement, il n’aurait toutefois pas pu combiner la LHJMQ et la NCAA.

« Je suis content de dire qu’on l’a eu pendant deux ans et demi », ajoute-t-il.

Pendant que le commissaire livrait ses commentaires aux médias, la NCAA annonçait justement l’adoption d’un nouveau règlement.

Désormais, l’admissibilité sera calculée selon une fenêtre de cinq ans. Qu’un joueur ait 17, 18 ou 19 ans, il disposera du même bassin de cinq années d’admissibilité.

Auparavant, le calcul débutait dès la fin des études secondaires.

Concrètement, ce changement n’empêchera pas les joueurs de quitter pour les collèges américains. Il pourrait toutefois réduire l’urgence de partir rapidement, puisque les années d’admissibilité ne commenceront plus à s’écouler de la même façon.

La question n’a pas été abordée directement à la suite de cette annonce, mais Mario Cecchini a indiqué souhaiter davantage de transparence de la part des joueurs quant à leurs intentions.

Si plusieurs réclament une réponse rapide de la ligue, le commissaire privilégie une approche plus patiente.

« Je ne suis pas d’accord qu’il y ait une épée de Damoclès sur nos équipes. »

Il n’écarte pas certaines avenues, comme des mécanismes de compensation, des clauses punitives ou encore différentes formes de collaboration entre les parties concernées.

Mais au lendemain de l’annonce de la NCAA, le mot d’ordre à Halifax demeurait le même : faire preuve de patience.