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John Moreland : « Je ne ressens ni le désir ni le besoin de déménager l’équipe »

Photo Sébastien Gervais – John Moreland achète l’Armada

Quel avenir pour le club de Blainville-Boisbriand ?

John Moreland : « Je ne ressens ni le désir ni le besoin de déménager l’équipe »

Publié le 15/07/2026

John Moreland a accordé un premier entretien à titre de propriétaire de l’Armada de Blainville-Boisbriand. L’homme d’affaires est conscient du défi qui l’attend, ainsi que des craintes entourant l’avenir de la concession de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ).

« Nous n’envisageons pas d’aller nulle part », affirme John Moreland. Le Californien va même jusqu’à dire que, dans son camp, « l’intérêt [de l’achat] est en fait de rester ici ».

Parallèlement, il travaille avec Teemu Selänne pour ajouter une nouvelle équipe au marché d’Orange County, en Californie, dans la USHL à compter de la saison 2027-2028. Il mentionne que son apport au projet est davantage lié à une vision d’expansion du sport sur la côte ouest américaine et à l’objectif d’offrir aux jeunes hockeyeurs qui naissent et grandissent là-bas de jouer du hockey de haut niveau plutôt qu’à gérer les opérations quotidiennes. Pour lui, c’est sa manière d’étendre le sport aux États-Unis, et non de relocaliser l’Armada. « Je ne ressens ni le désir ni le besoin de déménager l’équipe. »

Il n’est pas non plus étranger à la volonté de la ligue d’ajouter de nouvelles équipes aux États-Unis, mais n’a pas exploré cette avenue davantage. « Nous nous disions qu’ici, c’est la maison de l’Armada, et qu’il s’agit de la bonne chose à faire. »

Il entend toutefois les craintes des amateurs de hockey québécois. « J’aurai simplement à leur prouver le contraire. »

L’entrepreneur était par ailleurs déjà au Québec au moment du rachat de l’organisation. Il confirme qu’il sera à Blainville d’ici la fin de la semaine pour magasiner une demeure, entre autre.

Sa relation avec la Belle Province va au-delà de la transaction annoncée. La famille de sa conjointe est originaire du Québec. Quant à lui, il dit entretenir de bons contacts avec des acteurs du hockey local, « plus que les gens pourraient réaliser », ajoute-t-il.

Photo Sébastien Gervais

Plus de joueurs américains?

Alors que les portes de la NCAA s’ouvrent aux meilleurs talents québécois, cela permet également aux Américains de 16 à 18 ans de venir au Canada jouer dans l’une des trois ligues canadiennes (LHJMQ, OHL et WHL) sans affecter leur admissibilité en NCAA.

Les Wildcats de Moncton en sont l’exemple de choix. En 2025-2026, neuf Américains ont porté régulièrement l’uniforme de l’équipe. Les Remparts de Québec accueilleront, quant à eux, l’espoir de premier plan Carter Meyer, libéré mardi par le programme de développement américain.

Selon John Moreland, cela, ajouté à la présence d’un propriétaire californien, pourrait contribuer à attirer davantage d’Américains au sein du club. « Nous aurons probablement quelques jeunes Américains qui viendront jouer ici », dit-il, sans vouloir pour autant diluer la tradition québécoise et canadienne de la LCH et de la LHJMQ.

Il entend toutefois faire les choses différemment de ses homologues pour ce qui est du portefeuille de l’équipe. « Je veux définitivement fournir toute l’aide possible pour gagner et être compétitif. Je veux qu’on le soit », nuance-t-il.

« Mais il ne faut pas oublier que l’on sort des adolescents de 16 ans de leur nid familial. On ne peut pas perdre de vue notre mission de former des adultes. On veut qu’ils gardent un bon souvenir de leur passage ici et qu’ils donnent envie aux suivants de se joindre à nous. »

Un directeur général de la ligue, souhaitant conserver l’anonymat, estime toutefois que ce n’est pas aussi simple d’attirer des Américains dans les marchés francophones, notamment en raison de la langue. Moncton, comme d’autres clubs des Maritimes, n’a pas à se soucier autant du facteur linguistique que les organisations québécoises, estime-t-il.

Des défis immédiats

La saison n’a même pas commencé que le nouveau propriétaire connaît déjà les défis qui se présentent devant lui.

En 2025-2026, l’assistance a augmenté au Centre d’Excellence Sports Rousseau. Naturellement, une équipe talentueuse comme celle de l’an dernier a attiré une moyenne de 2407 amateurs pendant la saison régulière. C’est le meilleur rendement en 10 ans. Cette moyenne a légèrement diminué durant les séries éliminatoires, à 2318 spectateurs par match.

À l’occasion du premier match de la série de deuxième tour, seulement 1340 partisans ont fait le déplacement jusqu’au domicile de l’Armada. Il s’agit d’ailleurs de la troisième plus faible assistance de toute la saison, calendrier régulier et séries confondus. « J’ai regardé plusieurs matchs de hockey junior au cours des dernières années, rappelle-t-il. Je veux créer quelque chose d’emballant et donner aux gens l’envie de venir voir les matchs. »

Il compte y arriver en tissant des liens plus serrés avec la communauté locale, mais aussi en allant rejoindre les amateurs là où ils sont : en ligne, lui qui a fait carrière comme fondateur d’entreprises technologiques.

Néanmoins, ce n’est là qu’un des dossiers sur le bureau de l’état-major de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Du groupe d’actionnaires aux directeurs généraux, le visage de la concession a déjà bien changé depuis la fin de la saison.

À court terme, la direction ne devrait pas chômer. John Moreland dit comprendre le scepticisme entourant son arrivée. Il hérite d’une organisation en pleine transition et devra maintenant mener ses intentions à bon port.