Son parcours jusqu’à la LNH n’aura rien eu d’un long fleuve tranquille. Après quelques détours et plusieurs défis, le Blainvillois a finalement entendu son nom être prononcé par les Kings de Los Angeles au deuxième tour, 46e au total. Il est issu du programme des Conquérants des Basses- Laurentides. Philippe Paquette, entraîneur depuis une vingtaine d’années, a dirigé le jeune chez les Conquérants, aux côtés d’une poignée de joueurs qui se sont rendus jusqu’à la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ).
Liam Lefebvre n’atteignait pas encore les 6 pi 3 po qu’il affiche aujourd’hui. Il évoluait alors au niveau M13. Pour faire simple, Philippe Paquette préfère dire « qu’il était très jeune ». Il lui est tout aussi rare de voir des signes précurseurs dès cet âge qui permettent d’affirmer avec conviction qu’un jeune hockeyeur est destiné à être repêché dans la Ligue nationale. Ce qui lui a sauté aux yeux chez lui, c’est qu’il était « à son affaire, très, très discipliné et poli », avant d’envoyer des fleurs à sa famille. « Ils sont extrêmement investis dans les parcours académiques et sportifs de leurs enfants. »
« Le côté académique, le côté développement de l’individu, le côté des valeurs humaines qu’on inculque à nos joueurs, il faut que ça soit la priorité », tranche l’entraîneur. « Ça amène nos jeunes à regarder autre chose et à se questionner. »
Il se rappelle qu’il y a 25 à 30 ans, si un jeune ne passait pas par le M18 AAA, son parcours se compliquait. Le hockey a bien changé, observe-t-il. Dans le contexte actuel, un passage au sud de la frontière peut aider la carrière d’un jeune.
Un détour aux États-Unis avant un retour au Québec
Avant de commencer sa carrière junior avec l’Océanic de Rimouski, l’automne dernier, Liam Lefebvre est passé par les bancs d’école aux États-Unis. Philippe Paquette se rappelle notamment qu’il est parti très rapidement. C’est à l’école Trinity-Pawling qu’il a poursuivi son développement avant de revenir au Québec.
Malgré un lent départ avec Rimouski, peinant à accumuler les victoires, le Blainvillois a été transigé aux Saguenéens de Chicoutimi, où il a compilé 30 points, dont 17 buts, en 25 rencontres. Il a été l’un des Sags les plus productifs et les plus clutch lors de la finale du trophée Gilles-Courteau, avec un but inscrit lors du match qui a procuré le championnat aux siens.
Il est déjà engagé avec l’Université du Maine. Toutefois, sa place au sein de cette formation devra probablement attendre, puisqu’il est en voie de disputer une deuxième saison dans la LHJMQ. Les Eagles du Cap-Breton, responsables d’un bon nombre de transactions durant la saison morte, ont acquis le grand ailier blainvillois pour renflouer leur alignement.
Une fierté pour l’entraîneur
« C’est drôle qu’on me parle de ça », a répliqué Philippe Paquette, puisque Liam Lefebvre n’est pas l’unique jeunot qu’il a entraîné jusqu’à la LHJMQ. « J’ai toujours dit que je faisais du coaching pour laisser un héritage positif aux joueurs. »
Il y a cette fierté de les voir performer aujourd’hui, bien sûr. Dans le contexte de cette entrevue, Liam Lefebvre s’apprêtait à être couronné champion avec les Saguenéens. Mais sa plus grande fierté en tant qu’instructeur, c’est de « les voir se développer comme êtres humains ». Il le répète : le hockey ne sera pas toujours là. Peu importe le joueur, toutes les carrières ne se rendent pas jusqu’à 40 ans. Selon différentes analyses, une carrière professionnelle dure en moyenne de quatre à six ans.
Au terme du repêchage, la vision de Philippe Paquette s’est concrétisée : l’ancien des Conquérants est officiellement devenu un choix de la Ligue nationale. Une étape importante dans un parcours que son ancien entraîneur résume d’abord par les valeurs et la maturité, bien avant les statistiques.

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