Avec sa troisième place à ICAR le 23 août comme prétexte, le pilote s’est confié sur son inépuisable passion pour le sport automobile, rien de moins qu’une drogue à ses yeux.
En parlant à Alex Tagliani, on comprend qu’une troisième place à ICAR à Mirabel, c’est bien plus qu’une simple récompense : c’est le résultat d’une lutte incessante contre la fatigue, la malchance et cette part d’ingratitude qui colle au sport automobile.
Après ICAR, Tagliani n’a pas levé le pied : « Je suis parti de ICAR, j’ai soupé, j’ai pris mon linge sec, et j’ai roulé pour Calabogie. Je suis arrivé à 1 h du matin, le lendemain matin je recommençais à rouler en Super Challenge BMW », raconte le pilote. Deux courses plus tard, il reprend ses choses et la route pour finalement texter sa femme à 23 h, prévenir qu’il arrête dormir quelques minutes dans une station-service. Cette petite tranche de vie… c’est ça Tagliani : rouler jusqu’à l’épuisement total.
« Les gens ne réalisent pas à quel point… la course en piste, c’est 15 % de toute la job. Le reste, c’est du travail invisible : marketing, réseaux sociaux, promotions, projets », explique Tagliani. Cette charge pèse lourd sur les épaules d’un pilote qui doit constamment aller chercher des partenaires, maintenir une présence publique et gérer des activités parallèles comme son complexe Tag e Karting à Sainte-Thérèse. « Quand tu commences la saison, tu es déjà fatigué d’avoir tout mis en place », dit-il sans détour.
Et même quand tout est en ordre, rien n’est garanti. La saison 2025 de Tagliani avait jusqu’ici été une succession d’épreuves frustrantes : un alternateur défectueux, des ennuis mécaniques, plus souvent qu’autrement, le travail n’est pas récompensé. « On peut avoir une voiture hyper compétitive et tout perdre à cause d’un détail mécanique. Quand ça arrive, malgré tout le travail, tu n’as aucune chance de gagner. C’est dur aussi pour les mécanos, tu le vois dans leur visage », confie-t-il.
Malgré son expérience qui se compte en décennies, Tag ne se reconnaît pas dans le rôle du mentor. « Chaque pilote a sa propre réalité. Il y a ceux qui ont des moyens financiers et ceux qui doivent chercher des commanditaires chaque semaine. Moi, je peux partager mon expérience, mais ce n’est pas un rôle de mentor que je veux jouer d’office », explique-t-il humblement.
En fin de compte, cette 3ᵉ place à ICAR symbolise plus qu’un podium, c’est une passion plus grande que tout qui se concrétise : « Je veux tout donner pour ne rien regretter. Je veux être sûr qu’à la fin, je n’aurai pas de regrets », conclut Tagliani.
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