Pourtant, il s’en est passé des choses pour le jeune homme depuis. Il s’est engagé à aller jouer dans la NCAA, il a été repêché au 34e échelon par les Blackhawks de Chicago, a fait un petit aller-retour dans la Ville des vents avant de revenir à Boisbriand le temps d’une fin de semaine dans le cadre du tournoi Make Your Move.
C’est un retour au Centre d’Excellence Sports Rousseau sous de nouvelles couleurs pour le défenseur. Tassé dans le couloir, juste à côté de la porte du vestiaire, on peut apercevoir de nouvelles couleurs. Ses gants sont maintenant munis d’un motif noir et rouge, aux dépens du noir et blanc. Son casque arbore un petit logo de l’organisation l’ayant repêché. Mais il n’oublie pas ce qui s’est déroulé à Boisbriand pas plus tard que l’an dernier. Les événements semblent encore frais dans sa mémoire.
Un petit bobo encore là
Ça a d’ailleurs pris une bonne seconde, suivie d’une bonne inspiration, pour que Villeneuve souffle sa réponse. « Non, non », réplique-t-il finalement, « il est peut-être fait », en revenant sur ses paroles – « mais t’sais, ça arrive parfois que j’y repense. » Il n’en garde pas la langue dans sa poche : « c’est une déception, honnêtement. »
Le 5 mai dernier, les Wildcats de Moncton ont expédié en vacances, au terme d’une série demi-finale de sept matchs, une formation de l’Armada équipée pour veiller tard. En partageant ses états d’âme sur l’équipe, Justin Carbonneau s’est même permis de « crasher » l’entretien avant de redonner la parole à Villeneuve. « On avait tellement de talent », exprime-t-il.

Trois ans se sont écoulés depuis son arrivée à Boisbriand pour la première fois. « C’est plate comment ça a fini. Chose est sûre, je ne regrette rien », admet-il. Depuis, il a grandi, dans tous les sens du terme. Au moment de son repêchage, il n’était qu’un adolescent de 5 pieds 8 pouces, selon le rapport de la LHJMQ. Désormais, il frôle les 6 pieds et cogne à la porte de la grosse ligue. À ses yeux, « les personnes qui sont dans l’environnement de l’Armada sont tellement de bonnes personnes qui travaillent fort pour faire fonctionner tout ça ici » et il aurait souhaité un dénouement différent de celui qui s’est produit.
Un pas de plus vers « le show »
L’été a certainement été différent pour le jeune homme. Il fait désormais partie de l’organisation championne de la Coupe Stanley à trois reprises durant les années 2010 (2010, 2013 et 2015). Villeneuve le rappelle : il est né en septembre 2007 et n’avait pas encore trois ans lorsque Chicago a remporté son premier de trois championnats – de quoi rappeler que la trentaine approche pour d’autres.
Plaisanteries à part, le défenseur se sent mieux, lui qui a subi une blessure, en janvier. Il ne pouvait qu’être témoin de l’action jusqu’au printemps.
Il devrait évoluer avec les Terriers de l’Université de Boston la saison prochaine. Si les questions concernant Lane Hutson ne l’ont pas déjà épuisé, elles continueront certainement de se rendre à ses oreilles. Évidemment, leur style de jeu alimente les comparaisons, tout comme l’université fréquentée. Ils sont même tous les deux représentés par l’agence Quartexx.
Il est en voie de passer d’une formation talentueuse à une autre. L’école américaine s’attend à voir, outre Villeneuve, les espoirs Caleb Malhotra (Canucks de Vancouver), et Tynan Lawrence (Blues de St-Louis). C’est une brochette de jeunots qui ont tous été repêchés en juin, quelque part entre le 3e et le 34e rang.
Jusqu’ici, Xavier Villeneuve n’a pas dévoilé de plan de route détaillé, que ce soit avec les Blackhawks ou avec son école, encore moins s’il portera toujours le numéro 72. Son objectif est plutôt de « revenir à 100 % », simplifie-t-il. Il est tout autant conscient qu’il devra redoubler d’efforts une fois rendu dans la NCAA, mentionnant que « ça ne sera pas facile au début ».
Somme toute, il est confiant de pouvoir atteindre la meilleure version de lui-même plus tôt que tard.

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