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Décès sur un chantier : des signaux d’alarme ont été ignorés

Photo Hugo Bisson

Décès sur un chantier : des signaux d’alarme ont été ignorés

Publié le 15/07/2026

Un travailleur de l'entreprise Preco-MSE est décédé le 20 mai 2025 après avoir été enseveli sous une masse d'argile sur un chantier de construction à Blainville.

La CNESST, qui a rendu publiques ses conclusions le 15 juillet 2026, attribue l’accident à des erreurs de conception de la paroi berlinoise et à une évaluation inadéquate du danger.

Ce matin-là, les travailleurs avaient remarqué des fissures au sol le long du sommet de la paroi et des madriers de boisage bombés au fond de l’excavation. Aucun représentant de Preco-MSE n’était présent sur place : les travailleurs ont commencé du côté ouest avant de se diriger vers le coin nord-est, où se trouvaient les anomalies. Des représentants du maître d’œuvre et de Preco-MSE avaient discuté des problèmes en matinée et convenu d’un arpentage et d’un renforcement du boisage avec des barres d’acier.

Vers 11 heures, une section de la paroi et le sol qu’elle retenait se sont effondrés. Trois travailleurs se trouvaient au pied de la paroi : deux ont été partiellement ensevelis, un troisième l’a été complètement. Ce dernier a été dégagé selon une procédure de sauvetage élaborée par un ingénieur, puis transporté à l’hôpital, où son décès a été constaté.

Trois causes retenues

L’enquête retient trois causes : l’ensevelissement des travailleurs lors de l’effondrement, une sous-estimation des poussées derrière la paroi combinée à une surestimation de la capacité structurale des pieux soldats, et une évaluation inadéquate du danger qui a permis aux travailleurs de demeurer dans la zone malgré des signes clairs d’instabilité.

La CNESST recommande notamment une conception structurale et géotechnique rigoureuse, un plan de surveillance quotidien de la paroi et une gestion efficace des signalements d’anomalies, dont l’intervention immédiate d’un ingénieur géotechnicien. Les conclusions de l’enquête seront transmises aux associations d’employeurs et de travailleurs ainsi qu’au ministère de l’Éducation pour diffusion dans les établissements scolaires concernés.