« Il est essentiel d’assurer une présence accrue sur le terrain avec des inspections et des échantillonnages à intervalles réguliers et structurés », affirme la mairesse de Blainville Liza Poulin en parlant de l’entreprise Stablex.
La CMM a organisé une consultation publique sur la gestion des matières dangereuses résiduelles (MDR) le jeudi 7 mai. À la suite du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui avait conclu la nécessité d’avoir une consultation, la CMM a sollicité la compagnie Stantec, une compagnie spécialisée dans le développement durable et offrant des services en ingénierie et en environnement, pour faire un rapport d’analyse sur les MDR, les matières non dangereuses ayant des propriétés préoccupantes (MNDPP) et les sols contaminés (SC).
Blainville veut prioriser ses citoyens
« La Ville de Blainville ne remet pas en question la nécessité de gérer les matières dangereuses résiduelles au Québec, mais nous voyons qu’il est temps de passer d’une approche réactive, au cas par cas, à une véritable stratégie globale, cohérente et vivante », dit Éric Lépine, le chef de la division de l’environnement et de la transition écologique au service de l’urbanisme de la Ville de Blainville. Il affirme que le Québec n’a pas présentement « une vision globale et intégrée » dans la gestion des MDR, MNDPP et SC.
La Ville de Blainville demande aussi que les citoyens soient considérés : « Ils veulent comprendre, ils veulent être informés clairement et savoir que ce dossier est géré par les instances gouvernementales avec compétence, rigueur et considération ».
Les demandes des organismes et des citoyens
Une enquête du site de Stablex est nécessaire selon les Blainvillois pour permettre la rédaction d’un bilan comportant toutes les activités de Stablex.
« Dresser une liste exhaustive de tous les industriels et de toutes les grandes entreprises qui utilisent les services de Stablex et répertorier la nature et aussi le volume des contaminants qui sont traités », explique la porte-parole de la coalition Marie-Claude Archambault. Le groupe de citoyens, STOP, ainsi que Climat Québec ont aussi exposé le manque de données de la part des centres d’enfouissement.
Pour assurer une meilleure surveillance dans les sites d’enfouissement, les organismes désirent qu’il y ait plus d’inspections. « C’est possible de le faire et il y a un vrai pouvoir politique qu’il faut utiliser et la CMM peut demander plus d’inspecteurs, peut envoyer des inspecteurs sur les lieux », affirme Martine Ouellet, la fondatrice du parti politique Climat Québec.
La coalition des citoyens de Blainville, le groupe STOP, Climat Québec ainsi que la coalition alerte à l’enfouissement Rivière-Nord ont tous demandé l’arrêt des importations de déchets contaminés en provenance des États-Unis.
« Nous demandons à la CMM de faire pression sur le gouvernement pour stopper ces importations, ce qui permettrait de réaliser un BAPE générique pour trouver un site plus approprié », demande Martine Ouellet.
Une redevance financière a été mentionnée à de nombreuses reprises par les organismes. Ils désirent que Stablex et les autres groupes d’enfouissement paient une somme au gouvernement en l’échange de l’utilisation de ressource naturelle. Ces organisations veulent la fermeture de la 6e cellule de Stablex.
La réponse de Stablex
Le directeur du soutien aux opérations et des projets de Stablex, Pierre Légo, reconnait la nécessité de la traçabilité et des données. Stablex veut avoir les données de la provenance des matières résiduelles. Ils insistent aussi sur une meilleure application de la responsabilité des producteurs pour éviter « une augmentation des pratiques de contournement ».
Au fil des années, Stablex a dû s’adapter aux déchets toxiques pour en assurer le meilleur traitement. Les déchets, au début, provenaient de sites d’extraction, étaient des matières premières, etc. Aujourd’hui, les déchets provenant des recyclables et des assainissements d’eau et d’air ne sont pas rares.
« Nous sommes la seule entreprise à offrir ces services et la seule solution disponible pour plusieurs types de matières dangereuses. Pas tous les types de matières dangereuses, mais plusieurs types de matières dangereuses », déclare Pierre Légo.
Pierre Légo demande tout de même que les solutions choisies ne pénalisent pas le fonctionnement de l’entreprise. Chaque matière qui entre dans le site de Stablex est échantillonnée et ensuite analysée pour assurer l’application du bon traitement.
« Le procédé STABLEX, c’est un procédé de stabilisation-solidification, un procédé de disposition finale, qui est particulièrement adapté pour les matières inorganiques, comme les corrosifs, les cyanures, les métaux », affirme le directeur technique.
En ce qui concerne la redevance financière, M. Légo explique qu’elles doivent être « calculées à la source et que les tarifs soient ajustés pour ne pas pénaliser le recours à des solutions sécuritaires ».
Le cas équivalent de Mascouche (ENCADRÉ)
La Ville de Mascouche vit une situation similaire avec le site d’enfouissement Signaterre. L’année dernière, Radio-Canada avait rapporté que des sols fortement contaminés de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) en provenance de Bagotville se rendaient sur le site de Signaterre. Ils étaient enfouis sans traitements préalables à Mascouche.
Le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, a fait part du cas particulier de sa ville, car la rivière de Mascouche est à courte distance du site de Signaterre. « Or, une installation au milieu industriel, éloignée de tout cours d’eau, ne présente pas le même profil de risque qu’une installation située à quelques mètres d’une rivière », a dit le maire. C’est pourquoi il demande à la CMM de considérer l’écosystème des lieux lors de la sélection des zones tampons.
Dans ces demandes, le maire souhaite que du soutien financier soit apporté au « développement des technologies de traitement pour des contaminants émergents comme les PFAS ».

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