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Claude Desjardins et ses Moribonds du mercredi

Photo Reine Côté – Claude Desjardins a procédé au lancement de son dernier opus le 14 mars, à la salle François Cantin de la bibliothèque municipale Paul-Mercier de Blainville, entouré de parents et d’amis.

Claude Desjardins et ses Moribonds du mercredi

Publié le 18/03/2026

Après l’écriture d’un premier roman, d’un récit biographique et d’un recueil de poésie, l’auteur Claude Desjardins poursuit sa lancée littéraire en publiant un second roman consacré cette fois à l’amitié au seuil de la mort qu’il a intitulé Les moribonds du mercredi.

Depuis qu’il a quitté la presse écrite, le journaliste bien connu dans les Basses-Laurentides a eu envie d’explorer une autre voie pour sa plume enveloppée de poésie qu’il a longtemps tenue à l’écart. Alors que le journalisme impose rigueur et exactitude, la création littéraire lui offre l’occasion de se jeter dans son imaginaire sans restriction.

Premier élan littéraire

Avec Papy, le peintre amoureux, il avait saisi l’opportunité de raconter l’histoire réelle d’un homme ordinaire ayant attendu le grand âge pour créer ses premières œuvres picturales, dans un élan d’amour à l’endroit de son épouse à l’article de la mort. Le bouquin a été récompensé du Prix Pauline-Vincent, de l’Association des auteurs et des autrices des Laurentides, en 2021.

Puis, coup sur coup, le Blainvillois s’est exprimé par le truchement de l’écriture poétique et romancée avec une trentaine de courts poèmes recueillis dans le recueil Ce poème n’est pas de moi ainsi qu’en rapportant le récit d’un homme solitaire dans Le sentier des lunatiques.

Pour sa seconde expérience avec l’écriture romancée, l’auteur Desjardins plonge dans le vide. Enfin, pas tout à fait puisque l’on nous offre un regard fort indulgent sur le vieillissement, cette étape de la vie si redoutée parce qu’elle en annonce justement la fin.

La vie, la mort, l’amour et l’amitié

Et si la maladie qui nous y amène pouvait se révéler au contraire, un rendez-vous avec le plaisir ? Contradictoire, non ? C’est pourtant l’angle qu’explore Claude Desjardins avec ses Moribonds, les personnages mis en vedette dans ce deuxième roman.

« C’est un roman qui parle de la vie de la mort, de l’amour et beaucoup de l’amitié. Au sommet d’eux, l’histoire est celle d’un homme qui va mourir et qui doit aller à l’hôpital toutes les semaines. Dans la salle d’attente, il y a cinq autres personnages qui ont leur rendez-vous toujours en même temps et avec qui il va se lier d’amitié », affirme l’auteur.

Eh bien, parlons de ces individus, ces personnes âgées et malades, qui se rendent chaque mercredi à l’hôpital en vue de leur traitement hebdomadaire. Ils sont malades et pourtant encore bien vivants et échangent entre eux avec toute la splendeur humaine qui réside au fond de chacun d’eux.

On les découvre sous leur nouveau nom. Première trace d’humour : ils s’inspirent d’une célèbre émission jeunesse des années 1960, La ribouldingue. Sous ce plaisant clin d’œil, on retrouvera Mandibule la Prostate en Chocolat, Bedondaine la Ridaine, Paillasson le Colon irrité, Dame Plume de Corbeau, Friponneau de la Pompe Funeste et Giroflée la Flutée. Voilà les Moribonds.

Rebaptisés ainsi, comment ne pas s’éclater en toute amitié lors de ces rendez-vous du mercredi. « L’idée de les transformer comme ça (sous ces surnoms), c’est un peu comme pour aller se réfugier dans l’enfance avec ce qu’ils vivent », poursuit le romancier, qui n’avait d’autre but que celui d’offrir un récit sorti tout droit de son imaginaire et de ses tripes.

Encore bien vivants

Dans ces échanges hebdomadaires, les cinq personnages en surprendront plus d’un. « Ce sont des gens qui vivent la même histoire, mais veulent vivre en attendant de mourir. Ils vont se chicaner, ils vont tomber amoureux, ils vont s’organiser des trucs ensemble, et être turbulents dans la salle d’attente. »

En parallèle aux rendez-vous des moribonds du mercredi, l’un d’eux, qui est en fait le narrateur, se missionne envers son ami Jérusalem, en plein désespoir d’un amour perdu qu’il noie dans l’alcool. Un autre hommage à l’amitié.

En cours de récit, l’auteur se permet une incursion dans l’univers embryonnaire d’un fœtus à l’intérieur du ventre de sa maman qu’il ne veut pas quitter et qui aura sa propre histoire. On n’en saura pas plus, l’auteur Desjardins souhaitant inviter les lecteurs à la découvrir.

« Tous ces personnages sont des prétextes pour parler de la vie, de la mort, de l’amour et de l’amitié. On peut mourir heureux. On peut décider que c’est là que ça se passe », conclut avec philosophie Claude Desjardins, laissant deviner l’évidente réflexion ayant précédé les premières pages de son aventure romancée avec Les moribonds du mercredi.

Le journaliste, animateur, dramaturge, comédien, poète et romancier Claude Desjardins prendra part à titre d’auteur au Salon du livre de Trois-Rivières, à l’Hôtel Delta, lors du week-end du 27 mars prochain, avec ses quatre ouvrages publiés à compte d’auteur aux Éditions du Wampum.