Décidément, Marc Franche avait bien hâte au premier match entre le Tricolore et les Sabres. Il ne suffit que d’un tour de tête pour comprendre que les gens ici vivent leur passion du sport à travers les cartes sportives, les maillots et plusieurs autres objets de collection.
Marc part chercher une boîte dans l’un des bureaux du commerce. Désormais de dos, son uniforme bleu-blanc-rouge dévoile le numéro 14 de Nick Suzuki. Dans ses mains, un hybride entre une mallette et un coffre rempli de cartes de hockey étiquetées à différents prix. Il retire l’étiquette sur une carte « Future Watch » de Jakub Dobes, puisque sa valeur continuait de grimper.
Le contexte de la rencontre visait à comprendre la logique derrière la valeur d’une carte sportive liée aux performances d’un athlète. Le gardien du Canadien, Jakub Dobes, a tenu le fort durant sept matchs contre le Lightning de Tampa Bay, maintenant une moyenne de 2,14 buts alloués et un pourcentage d’efficacité de ,914. En d’autres mots, il a multiplié les gros arrêts.
Marc Franche explique qu’il y voit bien sûr une corrélation, mais qu’une « taxe Canadiens [de Montréal] » s’applique également sur ces morceaux de collection rectangulaires. Il ne s’agit pas d’une taxe explicite, mais plutôt d’une hausse de prix découlant de l’intérêt marqué pour le hockey au Québec et pour la Sainte-Flanelle. Au moment d’écrire ces lignes, ladite carte affichait un prix avoisinant les 450 $ sur la plateforme de revente eBay. Elle était estimée à environ 300 $ 72 heures plus tôt, selon les deux commerçants.
Pour illustrer cette fameuse « taxe Canadiens », Marc Franche et Antoine Carrier comparent son prix à celui d’Andrei Vasilevskiy, le gardien du Lightning fraîchement éliminé. Les deux hommes rapportent une demande beaucoup moins forte en raison du marché de Tampa Bay. Ses deux Coupes Stanley, son trophée Conn-Smythe et son trophée Vézina font le reste du travail. Néanmoins, sa carte suscite moins d’intérêt sur le marché que celle du jeune Dobes.
Ils réitèrent que le marché montréalais attire davantage d’intérêt que le reste de la planète hockey, rappelant notamment la hausse de la demande pour les cartes d’Alexandre Texier dès sa signature avec le club, l’automne dernier.
« Ça valait quoi, 2 $? 3 $? », demande Carrier à son associé.
Peu importe le statut du joueur — centre de premier trio ou 13e attaquant — l’équipe possède un prestige qui se reflète dans les produits de collection.
« L’effet inverse est aussi vrai », affirme Antoine Carrier. Si un joueur n’est plus membre des Canadiens, la demande pour ses cartes tendra à diminuer.
Le « boom » du passe-temps s’est dissipé, rapportent-ils, mais localement, la passion pour le hockey et ses produits dérivés ne disparaît jamais complètement.

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